Ascension - 7 septembre


A 6h30, nous quittons le camp.

Nous parvenons, après 1,5 km sur 200 m de dénivelée, au pied d'un couloir en glace. Ce couloir mène à l'arête sommitale glacaire du sommet 5080 m.

Nous nous équipons et débutons l'ascension. Au bout de quelques pas, Nikolaï m'en fait la remarque, la glace, qui est fine, peu fournie, présente, de visu au milieu de la voie, le fort risque de se fracturer. Trop dangereux, nous redescendons.

Nous décidons finalement de tenter le sommet 4782 m, par sa face nord. 

Donc retour en arrière pour rejoindre le pied de cette face nord, plus précisément sa partie droite, où se trouve une ligne de crête.

Nous nous engageons sur cette crête. Nous enchainons les longueurs de corde, traversons au moins une rimaye, et grimpons sur des pentes inclinées jusqu'à 60° en glace dure.

Il fait beau, il y a peu de vent. Néanmoins, on sent l'arrivée de l'automne, cette nuit il a fait plus froid, et ce matin le froid était plus mordant que les jours précédents. 

Cinq heures après avoir quitté le pied de la face, nous atteignons le haut de la partie glaciaire. Nous remontons alors un pierrier délicat, où il faut être vigilant, et atteignons l'extrémité nord de l'arête rocheuse sommitale, à une trentaine de mètres de son point culminant. L'accès à ce dernier ne nous inspire pas, rocailleux avec des petites tours rocheuses à grimper ou à contourner. Nous décidons de nous arrêter à ce point situé au nord de l'arête sommitale.

Nous redescendons dans le milieu de la face. Et nous rejoignons le camp d'altitude. Nous le démontons, et reprenons dans la foulée la descente vers camp de base.

Nous sommes de retour au camp de base à 20h30 à la tombée de la nuit. Sacha nous y attend, et vient à notre rencontre.

Nous sommes heureux d'avoir pu réaliser cette belle ascension glaciaire. Il devenait compromis de pouvoir faire quelque chose, compte tenu des conditions glaciaires, particulièrement sèches, en cette fin d'été. Personnellement, c'est ce type d'itinéraire glaciaire, que je recherchais. De plus, nous avons pu explorer ce glacier Bel Ullu, 3 kilomètres de long sur 700 m de large, que nous étions très certainement les premiers à fouler, pas d'exploration prélélable connue. 

J'ai été particulièrement heureux de dédier, avec l'accord de Nikolaï, cette voie, ainsi que cette montagne, à Espérance - en langue russe надежда - 2 ans, atteinte d'arthrogrypose, et, via Espérance, à ses parents. Ainsi qu'à toutes les personnes atteintes par l'une des maladies exprimées par ce syndrome. La "voie Espérance" sur le "pic Espérance". 

Précision : la plupart des images ci-dessous sont des captures d'écran, sur mon PC, de vidéos que j'ai prises. De ce fait, elles n'ont pas la qualité de photos.

Ci-dessous : 2 photos de ce que l'on prévoyait sur le sommet 5080 m. Après quelques mêtres, décision de redescendre, conditions de glace trop dangereuses.

Ce que l'on prévoyait comme itinéraire d'accès à l'arête du sommet 5080 m.

 

Ci-dessous photos de l'ascension réalisée sur le pic 4782 m (arrêt sur l'arête rocheuse sommitale). "Voie Espérance" sur le "Pic Espérance".

La 1re photo ci dessous : en neige, le début de la voie Espérance, elle se poursuit derrière la partie rocheuse.

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On distingue la tente, petit point jaune, en bas à gauche de la photo, à côté du lac.

Redescente au camp d'altitude

Camp d'altitude

De retour au camp de base avant la tombée de la nuit