4 septembre SOMMET ATTEINT

Notes

Il faut 2h pour rejoindre le pied de la montagne, en remontant une moraine, puis un glacier.

Parvenus a son pied, nous gravissons une face, orientee nord, sur 300m, et rejoignons une arête.

Nous remontons vers l'ouest cette arête, en neige, mais aussi avec des parties en roche friable.

Pas apres pas, notre cordee se hisse, en silence, vers le sommet, inscrivant ce qui est, tres certainement, voire sans aucun doute, le premier passage humain sur cette petite portion de l'ecorce terrestre. Il faut rappeler que cette zone du massif du Trans Alai a ete tres peu exploree jusqu'a present; une des raisons, selon les russes que j'ai rencontres, repose sur le fait qu'elle a ete interdite aux visiteurs, dont les alpinistes, jusqu'a la fin de l'ere sovietique. Concernant cette vallee ou nous sommes, j'ai trouve les traces d'uniquement deux expeditions qui l'aient auparavant visitee. Une universite britannique (cf. son rapport d'expe) a realise, en 2004, une expedition dans cette vallee, et aussi dans celle plus a l'ouest. Et, en 2012, des suedois ont atteint un sommet qui avait ete gravi en 2004 par les britanniques. En revanche, aucune information d'ascension de la montagne que nous tentons de gravir actuellement; le rapport de l'expedition britannique de 2004 l'indique uniquement (avec une altitude de 5123m) sur son croquis de cette vallee.

J'evolue lentement mais regulierement, difficilement, economisant souffle et energie, a quelques metres de corde de Nikolai qui me precede. Avant, lorsque les poumons etaient encore entiers, je serais monte bien plus vite a cette altitude. Mais cette amputation de juillet 2012, tout en supprimant une tumeur qui s'etait developpee depuis 2005, a fait perdre en capacites. Et il a fallu aussi gerer une rupture du tendon Achille et autres traumatismes du pied de sept. 2011, ainsi qu'une dechirure musculaire de sept. 2013. Malgre ces accidents de parcours, je ne me suis jamais arrêté d'avoir une activité physique quotidienne. Et depuis novembre 2012, pour recuperer, lorsque cela m'etait possible, tout en continuant a faire quelques courses en haute altitude, je me suis focalise sur la marche en moyenne montagne, seul, accumulant de la denivelee; les temps de montees se sont progressivement bien ameliores, pour s'approcher de ceux d'avant. Mais, dorenavant, si prochaine expedition il y a, il faudra peut etre augmenter l'entrainement plus haut en altitude, et assurement consacrer plus de temps a l'acclimatation que ce que l'on a pu faire en Bolivie et ici. 

Durant un bonne heure, nous nous dirigeons vers un point, que nous pensons etre le sommet. Quelle deception quand nous decouvrons, qu'en fait, ce n'est qu'un point de l'arete ! Le sommet est plus loin, et le chemin pour l'atteindre parait si long, avec la fatigue qui augmente l'impression de distance. De plus, son acces final ne semble pas si simple. 

De fait, la dernière partie est assez délicate. L'arête est fine. Nous allons de part et d'autre; au nord c'est une face bien inclinée en neige transformée, au sud une paroi de roche friable.                                                                            

Enfin, vers 16h, nous parvenons au sommet.

Le sommet est une petite plateforme rocheuse. Le GPS de Nikolai indique une altitude de 5200m. Tradition russe, semblable a celle des Argentins, il laisse un papier dans un petit sac en plastique qu'il recouvre d'un tas de pierres, trace de notre passage. Il accepte ma proposition de baptiser, en l'absence d'ascension connue, le sommet  "Вероник и Aннa",  en Francais "Véronique et Anne", le dédiant ainsi à ma femme Véronique, et à Anna, la femme de Nikolaï.

Quant a la voie, nous la dedions a mes 6 garcons, et la baptisons "6 братья", en francais "Les 6 frères". Depuis le camp de base, l'itineraire fait 1450m de denivelee. Depuis le camp d'altitude que nous avions choisi, 950 m de denivelee, qui se decompose en 250m d'approche, suivie de 300m de face glaciaire, puis de 450m d'arete en neige avec des parties en roche friable. Sa derniere partie sommitale, assez delicate, impose, dans les conditions que nous avons connues, une cotation D- (difficile-).         

Les vues sont spectaculaires, notamment en direction du sud, sur les montagnes du Pamir de la region du Haut-Badakkchan auTadjikistan, pays dont la frontiere est toute proche.

Mais la tempete se leve, il faut redescendre sans attendre. Sous des rafales de vent et des chutes de neige, nous redescendons, en reprenant tout d'abord nos traces de montee, puis en empruntant, dans le dernier tiers, un couloir de neige oriente est .

A 19h30, nous rejoignons notre tente du camp d'altitude.

    

  

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