19 au 22 novembre

Mon, 27 Nov 2017 18:51:53

 

Retour au ranch de Ramon en rive ouest du lago Plomo, en 3 jours de marche. Nous aurions pu faire ce trajet en 2 jours, mais le gaucho Ramon n'a pu aller chercher nos sacs lourds que le 20, avec ses chevaux et son frère, car le 19 était une journée d'élection au Chili.

Nuits à la belle étoile. Traversées à pied des rivières Cacho et Nef. Ramon et son frère seront subjugués lorsque nous leur apprendrons. Pour eux, le seul et unique moyen de traverser ces rivères est à cheval. Nous leur préciserons que cela passait bien.  

Le 22 novembre, avec la bonne vieille barque à moteur de Ramon, nous traversons le rio Plomo et le rio Bertrand pour rejoindre Puerto Bertrand. Puerto Tranquilo avec la voiture de Gabriel, puis bus jusqu'à Coyhaique.

L'expédition de notre petite équipe franco-argentine se termine. Une aventure d'exploration, que nous préparions, depuis de longs mois, avec Gabriel, et qui était remplie d'incertitudes, compte tenu notamment du peu d'informations dont nous disposions sur ce Champ de glace nord peu visité, et aussi en raison des conditions météo réputées très sévères dans ce coin. Et il y a eu aussi cet aléa dentaire (abcès) découvert à Coyhaique, qui nous aura contraint de décaler de 6 jours notre départ.

Résumer en quelques mots un instant de vie si dense et riche n'est pas chose facile. Je citerai simplement, de manière chronologique, les moments que je garde en mémoire. La marche d'approche au coeur de la Patagonie chilienne, la découverte d'une nature grandiose et luxuriante, encore préservée, la rencontre avec ses habitants, notamment les gauchos, Roman et sa femme Martha, Luis, Hector, tous d'une même famille, avec leurs ranchs, et aussi leurs chevaux dont ils sont si attachés. Le gigantesque glacier Nef, avec ses crevasses profondes et ses impressionnantes tours de glace. Les journées d'attente dans une tente, un espace restreint, battu par les vents et les pluies des tempêtes. En final, la découverte, avec Gabriel, du Champ de glace nord, qui nous aura ouvert ses portes, et de surcroit sous un ciel parfaitement bleu, ce qui fut une véritable chance. Notre décision de ne pas tenter l'ascension du Pantagruel, en raison des risques liés aux conditions de neige sur sa face nord. Bien entendu, notre ascension d'un sommet, que nous avons dédié, en l'absence d'ascension connue, à Anne. L'entente au sein de notre petite équipe franco argentine, avec Gabriel et Joachim, jeunes argentins aux capacités physiques hors du commun, particulièrement sympathiques, toujours de bonne humeur, et d'une grande générosité.     

En final, cette expédition fut une extra-ordinaire aventure exploratoire, sur tous les plans.

NB. Sur le terrain, j'envoyais des messages à Véronique, à l'aide d'un système permettant l'envoi de textes courts, et c'était un tant soit peu fastidieux. Arrivé à Coyhaique, j'ai repris la rédaction de ce "journal d'expédition", l'ai compléte, précisé, mis en forme, et de plus ajouté des images.

 

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18 novembre

Fri, 24 Nov 2017 17:48:29

 

Tempête le matin. Les prévisions météo ne nous permettent pas d'envisager de remonter sur le Champ de glace, et faire une nouvelle ascension avant le 22, qui est notre date limite de départ.

En conséquence, nous décidons de redescendre. On compte une grosse journée pour traverser le glacier Nef, puis 2 à 4 jours pour rejoindre Puerto Bertrand, suivant les aléas de l'arrivée des chevaux et du bateau.

A midi, la pluie s'arrête, le vent est toujours en fort rafales jusqu'à 60km/heure, mais la visibilité est bonne. Nous partons.

Nous redescendons vers le sud sur le glacier Nef, puis sur sa moraine, et rejoignons notre camp précédent.

Nous poursuivons toujours vers le sud, afin de trouver un passage moins accidenté, que celui de la montée, pour traverser le glacier Nef. Montées et redescentes pénibles sur les pierriers de la moraine.

Puis nous traversons les 4km de large du gigantesque glacier Nef.

Sur sa rive gauche, nous remontons sur un col. Il est 20h40, nous installons la tente pour la nuit.

 

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17 nov. Champ de glace et ascension

Sun, 10 Dec 2017 17:40:15

 

La tempête a sévi jusqu'à minuit puis, comme prévu, elle s'est arrêtée, pour laisser la place à un ciel étoilé.

Gabriel et moi-même  profitons de cette journée précieuse et rare de grand beau temps, pour nous rendre sur le Champ de glace nord, et aussi y tenter directement, sans camp intermédiaire, une ascension : lire journée d'hier, du 16 novembre. Nous avions prévu, dans nos plans initiaux, de tenter une ascension depuis un camp que nous voulions implanter sur le plateau du Champ de glace, mais nous avons abandonné cette idée car elle risque fort de compromettre toute tentative d'ascension, compte tenu des prévisions météo dans le créneau qu'il nous reste.

3h00 réveil. 4h30 nous partons. Le froid est mordant.

Nous remontons tout d'abord sur le glacier, avec vigilance car ses nombreuses crevasses sont en partie recouvertes de neige tombée ces derniers jours. Nous débouchons sur des pentes qui nous paraissent chargées en neige, mais une ligne de crête permet d'évoluer en sécurité. Et nous débouchons sur le col. Heureux d'avoir franchi cette première étape! Le jour se lève, avec ses couleurs jaunes et orangées qui se reflètent sur la blancheur des montagnes qui nous entourent.

Nous pénétrons sur le plateau du Champ de glace. Un univers magique, un désert de glace, de 120 km de long nord-sud, sur 50 km de large est-ouest, qui parait infini. En termes de profondeur, une étude (*) conclut que les glaciers San Rafael et Colonia, qui sont issus de ce plateau, ont une profondeur de 1000 m. Au loin, à l'horizon, émergent des montagnes gigantesques, aux parois vertigineuses embellies par la neige de ces derniers jours. Un monde fascinant, froid et inhumain, qui se protège des visiteurs par ses accès difficiles, et qui nous a ouvert ses portes. Nous sommes très certainement seuls à le fouler. Nous évoluons dans une neige profonde, sur une longue distance, tout d'abord sur un plateau, puis sur une ligne de crête que nous remontons. Nos regards sont attirés par les paysages qui nous entourent. Je découvre, dans la réalité et leur environnement, les montagnes que j'avais appris à connaître sur les cartes, le Cachet est et le Cachet ouest, Gargantua... et le Pantagruel, une montagne esthétique, élancée, aux parois bien verticales. Sa face nord n'est pas visible, nous espérons qu'elle sera praticable.

Nous parvenons au pied du Pantagruel, sur un petit col qui offre des vues dominantes et spectaculaires sur le Champ de glace. Comme nous le craignions, sa face nord est recouverte d'une neige sculptée par les vents des tempêtes de ces derniers jours. Ce type de neige est assez atypique pour moi, même si j'en sais les dangers par mes lectures. Gabriel, qui se rend depuis un certain nombre d'années à El Chalten, la connait. De plus, il y a la météo, avec cette nouvelle tempête annoncée en début de soirée. Trop de risques, nous décidons de ne pas y aller. Nous le regrettons, car nous discernons une ligne de faiblesse dans cette face, qui devrait a priori être faisable... lorsqu'elle est en bonnes conditions. Mais compte tenu du climat subi, les montagnes de cet univers parviennent-elles à offrir de bonnes conditions ? Cela doit être rare, comme en témoigne le nombre de sommets sans nom et inviolés. On peut comprendre le faible nombre de visiteurs. Gabriel me disait qu'un de ses collègues (qui nous a fourni des informations intéressantes) est venu il y a quelques mois dans la zone, plus au sud, à proximité de la montagne Cachet, et qu'il n'a absolument rien pu faire, n'ayant pu bénéficier d'un seul jour de beau temps. Voilà, néanmoins une petite déception !

Nous sommes venus jusqu'ici, il nous faut faire quelque chose. A notre nord, entre le Pantagruel et le Gargantua, une arête en neige, de cette neige transformée par les vents et caractéristique de la Patagonie, qui devrait déboucher (?), 100 mètres plus haut, sur un joli sommet sans nom en forme de pointe. L'arête nous semble protégée. Nous décidons d'aller voir et de tenter. Nous évoluons sur des pentes à 50° maximum, et nous parvenons au sommet. Gabriel et moi-même, nous sommes satisfaits, après toute cette préparation de ces 12 derniers mois, après toutes ces incertitudes, du peu d'informations que nous étions parvenus à trouver sur cette partie centre est du plateau du Champ de glace, des conditions météo depuis notre arrivée dans la zone (sans compter cet abcès dentaire à Coyhaique qui n'a pu être résolu malgré l'intervention d'un dentiste chilien : voir journées du 30/31 octobre puis 6 nov). Mais le ciel était avec nous aujourd'hui, il nous a permis, dans des conditions météo idéales, de pénétrer sur le Champ de glace, et de réaliser cette ascension. Nous avons parcouru depuis la tente 1400 m de dénivelée sur une dizaine de kilomètres.

Avec l'accord de Gabriel, en l'absence d'ascension connue, nous baptisons le sommet la pointe "ANNE". Je suis heureux de pouvoir dédier cette ascension et ce sommet à Anne, 7 ans, porteuse de la trisomie 21, et via Anne, à ses parents qui ont fait le choix de l'adoption, et aussi, comme suggéré par ces derniers, à toutes les personnes porteuses de la trisomie 21. 

Mais nous ne devons pas nous attarder car le méteo est prévue de se remettre au mauvais en début de soirée. Nous redescendons, et rejoignons le col. Nous quittons cet univers magique, aux paysages extra-ordinaires, du plateau du Champ de glace nord, pour basculer sur le glacier qui permet de rejoindre, environ 600 m plus bas, la tente. Le vent se lève. La descente sur le glacier ne sera pas évidente, dans une neige profonde et lourde transformée par le soleil.

A 17h30, 13 heures après notre départ, nous sommes de retour à la tente. A 19h00, la tempête se lève.

(*) : AGU Publications. Ice thickness of the northern half of the Patagonian ice fields of South America from hig-resolution airborne gravity survey.

 

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16 novembre

Wed, 06 Dec 2017 12:26:09

 

Tempête comme hier. Nouvelle journée d'attente. Une météo correcte est prévue pour demain.

Nous avons l'idée de faire demain une tentative sur un sommet, appelé le Pantagruel, pas d'ascension connue. Nous avons uniquement une photo prise d'hélicoptère de ce sommet. Sur cette photo, prise depuis son est, il nous semble que la face nord est en neige/glace, mais aucune certitude. Si pas faisable, on tentera autre chose. Nous sommes vraiment dans la découverte, dans l'aventure exploratoire, donc ouverts à un changement d'objectif d'ascension.

Pour accéder au pied de cette montagne, nous devons tout d'abord accéder au plateau du Champ de glace nord. Selon des informations obtenues par Gabriel, une expédition néo-zélandaise a tenté dans les années 70 cette ascension, en passant par un col, mais cela ne nous convient pas car, compte tenu de notre point de départ, nous serions contraints de faire beaucoup plus de distance pour rejoindre le pied du Pantagruel. Nous avons donc décidé de tenter d'accéder au Champ de glace par un col différent de celui emprunté par les néo-Zélandais. Néanmoins, nous n'avons aucune information d'expédition qui soit passée par ce colEn conséquence, des incertitudes sur la faisabilité de l'accès, que nous souhaitons emprunter

Puis nous devons remonter sur 800m de dénivelée environ, et sur une bonne distance, pour accéder au pied du Pantagruel. Et nous découvrirons sa face nord ...

 

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15 novembre

Sat, 25 Nov 2017 12:15:28

 

Tempête, froid, vent, neige puis fortes averses de pluie. 

Le glacier, sur lequel nous sommes, est l'un des nombreux glaciers qui prend naissance dans le Champ de glace nord. Il descend du Champ de glace, en provenance de l'ouest. Nous sommes donc en plein dans l'axe des vents venant de l'ouest, c'est-à-dire du Pacifique. 

Nouvelle journée d'attente. Et demain ne s'annonce pas meilleur, sinon pire. Peut-être une fenêtre météo vendredi...

 

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